Sourate "El-Layël" (La nuit), d'inspiration mecquoise et la 9ème dans l'ordre chronologique, a cette particularité hautement éducative : Elle met en exergue la nature de toute action entreprise, l'intention de son auteur, ainsi que la sanction divine qui l'accompagne. Elle initie l'homme à faire le bien et à délaisser le mal, en sachant que Dieu le surveille constamment et en tout lieu et qu'il connaît également les intentions de chacun, homme ou femme.
La tradition rapporte que les quatre derniers versets ont été révélés pour démentir les dires des mécréants et appuyer l'action bienfaisante de Abu Bakr Es-Seddiq, que Dieu l’agrée, qui avait acheté Billal, alors esclave devenu croyant pour le sauver ainsi des supplices de son maître. C'est un exemple concret qui prouve bien que Dieu connaît l'intention réelle des hommes et qu'il défendait les pieux.
La sourate a une structure particulière. On a un jure et deux affirmations.
- Le jure par quatre éléments couplés en deux : Nuit et Jour, Mâle et femelle :
"Par la nuit quand elle enveloppe…"(01-03)
- 1 ère affirmation : L’homme du bien et l’homme du mal :
"En vérité, vos efforts sont divers…" (04-11)
- 2ème affirmation (double) : la sanction. (13-21)
"En vérité, c'est sur Nous qu'incombe le guide! (12)
"En vérité aussi, c'est à Nous la dernière et la première…"(13-21)
L'idée de l'omniprésence de Dieu, la distinction entre le bien et le mal et la sanction finale pour tous nos actes, suivant la nature, la manière et le but recherché, qui nous semble aujourd'hui évidente, n'a pas été acceptée facilement durant la longue évolution de l'histoire humaine. Beaucoup d'être humains, y compris des croyants doutent parfois de cela ou l'oublient.
Si chaque être humain, le croyant en premier lieu, réalise vraiment que Dieu est omniprésent et témoin de nos actes, connaît nos intentions et nous sanctionnera en fonction de cela, pourra-t-il être capable de faire le moindre mal, mentir ou voler ?
Elle souligne la nature de l'effort humain. Il y a ce qui conduit à la grande aise, et ce qui mène vers la grande mésaise. Remarquez la symétrie : il y a le pieux qui donne et il y l’avare qui retient.
L’agrément de tout travail et bonne œuvre en Islam est conditionné par deux choses : la déclaration d’intention et le bon accomplissement de la tâche et du devoir. Dieu aime la clarté et le travail bien fait.
