Il y a une forte ressemblance entre le message contenu dans cette sourate et celui de "El-Adiyet". Si celle-ci stigmatise le comportement individuel égoïste de l'homme aisé, vis-à-vis de Dieu, sourate "Et-Takathour" s'adresse à la conscience du groupe et de communauté, en les mettant en garde contre une autre déviation des sentiments, l'arrogance et la fierté mal placées par le surnombre, pouvant être à l'origine de haine, de guerre et de fitna.
Pour éliminer à la base, les racines de mal, et semer les germes de la paix et de la justice, la sourate lance une interpellation, en nous mettant en garde contre ce qui attendra l'homme demain, après la visite inéluctable dans les tombes.
La tradition rapporte que le Prophète (P. et S. sur lui), averti d'une tentative de réanimation d'une ancienne querelle entre deux tribus voisines, les Abu El Manef et les Banou Sahm, est allée lire cette sourate à ces deux tribus pour les concilier et éteindre le feu de fitna oasienne. Selon une autre source, il s'agit des deux tribus médinoises, les Banou Haritha et les Banou Harith.
La force, la puissance, la richesse, et le peuplement sont, par ailleurs, très recommandés en Islam, mais dans l'humilité et la soumission à Dieu.
La sourate, de huit versets et d'inspiration mecquoise, et selon d'autres exégètes médinoises tire son titre du premier verset, qui veut dire la surenchère par la supériorité numérique. Elle a une structure particulière renfermant :
1- un message contre l'arrogance, en retraçant un constat :
" Le surnombre vous a occupés, (01)
Jusqu'à ce que vous visitiez les tombes". (02)
2-Trois mises en garde :
"Non ! Non ! Vous saurez ! (03)
Encore une fois, non! Non! Vous saurez! (04)
Non ! Non ! Si seulement vous saviez la science de la certitude !" (05)
3-Trois affirmations sur la sanction :
"Certes vous verrez la fournaise ! (06)
Certes, encore, vous la verrez avec l'œil de la certitude (07)
Certes, (enfin), vous serez interrogés sur la bienfaisance (ici-bas) ! (08)
Conclusion : le surnombre et l’abondance qui aveuglent sont certes réprimandés. La preuve, le style de vie des sociétés développées de consommation malgré leur avance technologique et les richesses accumulées ne donnent pas souvent le bonheur. Par contre l’abondance bien placée si. C’est cela notre islam.
